ACCOMPAGNER LE PROJET D’ENTREPRISE MAIS AUSSI CELUI OU CELLE QUI LE PORTE

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“Ce qui est formidable et profitable à tous, coachés comme accompagnants, c’est qu’à travers la diversité des personnalités et projets d’entreprise qu’ils suivent mois après mois, les seconds développent naturellement une vision complète et transversale, utile aux premiers, de la création d’entreprise, avec ce qui fonctionne au niveau technique et humain, et ce qui ne fonctionne pas.”

 

Pour être efficace, l’accompagnement des porteurs de projet doit d’être conjointement technique et humain. Ce n’est pas seulement la structure qu’il aide à construire mais le chef d’entreprise lui-même. En, effet, les créateurs viennent très souvent du salariat. Et même si certains ont occupé des postes à forte tendance managériale, se sont rodés à l’art de la stratégie commerciale ou de la gestion de projet, ou encore maîtrisent parfaitement une technique, un savoir-faire, ils se retrouvent souvent face à une situation inconnue : celle d’être leur propre chef.

Décider de tout, aller vendre sa création et non celle d’un autre, confronter sa propre expertise, si grande soit-elle, à celle de concurrents, qui peuvent l’emporter par tous moyens et pas seulement grâce à la qualité des produits ou services, oser valoriser son offre à sa juste valeur voire lever des fonds : voici un échantillon de contextes parmi d’autres que le porteur de projet expérimente.

Ainsi, plus vite il se confronte au terrain et à ses aléas, plus c’est profitable au développement de sa carrure de chef d’entreprise… et au succès de ses activités. Peu importe les maladresses des premières fois, elles sont sources d’apprentissage. L’accompagnateur doit l’aider à grandir à travers ces premières expériences (réseau, rendez-vous professionnel).

La pratique est donc aussi importante que la théorie pour rapidement être opérationnel, prendre du recul et ne pas perdre de temps à appréhender sans avancer. Cela permet d’être plus vite apte à adopter de nouveaux comportements relationnels, affirmés et utiles notamment à l’approche commerciale et à la négociation contractuelle, à la décision stratégique mais aussi au choix d’une équipe ou de partenaires.

En se confrontant tout de suite à la réalité, le nouvel entrepreneur se prépare surtout à faire face aux expériences émotionnelles fortes, allant de l’enthousiasme exaltant de la réussite à la déception démoralisante des échecs pour y parvenir. Le créateur doit apprendre à accepter, à évoluer, à se prendre en charge, à s’organiser, à tenir le coup dans les moments difficiles, à lâcher-prise dans les moments d’urgence et de pression. En somme, il est amené à vivre un véritable développement personnel.

Les accompagnants ont donc le devoir d’être présents sur les aspects personnels autant qu’opérationnels. Pour cela, ils s’appuient en premier lieu sur leur double bagage : une expérience avérée de l’entreprise et de entrepreneuriat ainsi que la pédagogie voire la psychologie. Ils ont ainsi l’empathie nécessaire pour comprendre le créateur, ses activités et son contexte, afin d’être en mesure de proposer des solutions ou d’aider l’entrepreneur à les trouver.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : des suggestions et non des consignes, ni même de la prestation. L’entrepreneur reste le seul maître à bord de son vaisseau. De même, l’équipe d’accompagnement ne doit pas le détourner de son projet ni de ses rêves. A lui d’en réaliser peu à peu la teneur.

 

Auteur : Laure BOILLOT – Chargée de Mission au Carrefour de l’Innovation et du Numérique

 

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